Tant qu'il y aura des prisions
Bruxelles Panthères
« Avec ce livre, je m’adresse évidemment d’abord à ceux et celles qui ont eu le privilège ou la chance de ne jamais s’être posé la question de l’existence de la prison. En d’autres termes, je m’adresse à ceux et à celles qui y “croient” – moins par conviction que par défaut – et j’espère pouvoir les persuader du crime qu’est l’existence de la prison. Mais je m’adresse aussi à ceux et celles qui, instinctivement, savent que “la prison n’est pas la solution” et souhaitent mettre en ordre les idées que leur cœur, leurs tripes ou leur raison leur ont soufflées. »
Beaucoup le ressentent confusément : la prison ne répare pas, ne protège pas, ne réhabilite pas. Mais comment transformer cette intuition en une critique solide et cohérente du système carcéral ? Gwenola Ricordeau, figure majeure de l’abolitionnisme pénal francophone, signe un ouvrage incisif, clair et accessible, qui analyse méthodiquement les prétentions habituelles de la prison — punir, dissuader, réhabiliter, neutraliser — et en révèle l’inefficacité et la violence sociale.
Loin d’être un « mal nécessaire », la prison apparaît ici comme un rouage central d’un ordre inégalitaire, façonné par le capitalisme, le racisme et le patriarcat. En déconstruisant les discours qui la légitiment, ce livre nous invite à repenser la justice en dehors de la logique punitive — et à imaginer un monde véritablement libéré de l’enfermement.
Militante abolitionniste et féministe, Gwenola Ricordeau a occupé de nombreux postes d’enseignante-chercheuse en sociologie et criminologie dans diverses universités en France et aux États-Unis. Elle est notamment l’auteure de Pour elles toutes. Femmes contre la prison (Lux, 2019) et, avec Joël Charbit et Shaïn Morisse, Brique par brique. Une histoire de l’abolitionnisme pénal (Lux, 2024).
Discussion entre Gwenola Ricordeau et Nordine Saïdi, membre de Bruxelles Panthères et Doctorant en sciences politiques et sociales à l’Université de Mons (UMONS) sur les dispositifs de santé mental relatifs aux jeunes hommes sans papiers marocains à Bruxelles.
PAF : Souhaitée mais libre.